Kobudo d'Okinawa

Matayoshi Ryu

L'origine

Par sa situation géographique, Okinawa a de tous temps été soumise à l'influence des pays qui l'entourent (Japon, Chine,…). A l'époque où les samouraïs régnaient en maîtres sur le Japon, l'île d'Okinawa était encore un royaume. Afin d'éviter toute rébellion contre l'occupant, les habitants, contrôlés par les Japonais, durent se séparer de toutes leurs armes.
Cette mesure n'empêcha pas la population de se défendre. Elle mit au point des techniques de combat à l'aide des objets de la vie courante (instruments agraires et usuels).
L'archipel fut occupé à plusieurs reprises par les Chinois puis les Japonais. L'histoire du peuple d'Okinawa est celle de beaucoup de petits pays : invasion, occupation, terreur, oppression.
Depuis son origine, le Kobudo a été lié aux différentes écoles de Karate traditionnels d'Okinawa (Goju-ryu, Uchi-ryu, Shorin-ryu,…)

Maître Matayoshi et Philippe Banaï à Naha en 1995

Entraînement Bo contre Tonkuwa

 

La technique

Le Kobudo d'Okinawa enseigné dans le dojo Shishinkan est celui de l'école Matayoshi. Il existe 28 armes répertoriées dans le Kobudo. Les principales sont :
· Le Bo : bâton de 183 cm, aussi appelé Rokkushakubo (Bo de 6 pieds)
· Le Sai : trident en métal, utilisé par paire. Cette arme fut introduite par des militaires chinois.
· Le Tonkuwa : parfois appelé en Occident le Tonfa. Arme reprise comme matraque par certains corps de police. Egalement utilisé par paire.
· Le Kama : faucille, utilisée par paire
· Le Nunchaku : rendu célèbre par Bruce Lee mais utilisé tout à fait autrement dans le cadre du Kobudo.
· L'Eku : la rame, très efficace dans ses techniques de fauche.
· Le Sansetsukon : nunchaku à trois branches. La longueur des branches peut varier selon les modèles.
Comme toutes les écoles d'arts martiaux traditionnels, l'enseignement du Kobudo se transmet par le biais de séries de mouvements de base et de Kata. Un Kata est en fait une succession de mouvements pré-établis qu'il faut enchaîner avec puissance et rapidité. Les Kata ont pour objectif la formation du pratiquant par différentes mise en situation. Ils permettent aussi une transmission plus structurée de l'école de génération en génération.
Dans un premier temps, les Kata sont effectués seul et ensuite avec un ou plusieurs partenaires. Cette transition permet en quelque sorte de passer de la théorie à la pratique.
En Kobudo, il n'existe de compétition que pour les Kata, sur le même principe que les compétitions Kata en Karate.

Quelques armes du Kobudo

 

La transmission

Shinko Matayoshi commença par étudier très jeune le Bo, l'Eku, le Kama et le Sai. Il ajouta ensuite le Tonkua et le Nunchaku. Il voyagea beaucoup en Manchourie et à Shangaï où il apprit le Timbei, le Suruchin et le Nunti.
En 1929, il regagna temporairement le Japon à l'occasion d'une grande cérémonie organisée en l'honneur de l'Empereur MEIJI. Cérémonie au cours de laquelle Gichin FUNAKOSHI présenta le Karaté et Shinko MATAYOSHI le Kobudo
Il décéda en 1947, à l'âge de 59 ans. Son fils, Shinpo reprit l'enseignement du Kobudo au Japon et à Okinawa.
Il créa la fédération de Kobudo (" All Okinawa Kobudo Renmei ") en 1970 pour structurer l'enseignement de cette école.
10ème Dan de Kobudo et 10ème Dan de Karaté, il reçut le titre rarissime de " trésor impérial vivant ".
Après avoir fait connaître le Kobudo d'Okinawa bien au-delà du Japon, il s'éteignit en 1997, à l'âge de 74 ans.
Le Shishinkan suit maintenant l'enseignement de maître Zenei Oshiro, 7° dan Goju-ryu et 7° dan Kobudo d'Okinawa

Maître Matayoshi et Philippe Banaï en 1995

Maître Matayoshi expliquant l'arbre généalogique de sa famille (1995).

L'entraînement

Quelques photos d'un entraînement au premier Kumiwaza dans le dojo de Neder-Over-Heembeek :